Le moins que je puisse dire en sortant de la vision de ce sixième opus des aventures du sorcier balafré, c’est que je suis un peu dubitatif.
Voilà un film qui retranscrit fidèlement l’univers d’Harry Potter, dans lequel la magie semble bien présente, dont la photo et le montage sont presque parfait (cette couleur bleutée sied décidément parfaitement au monde de plus en plus glauque d’Harry). Pourtant, David Yates semble avoir raté le coche.
Il zappe tous les aspects psychologiques de cette quête initiatique pour s’attarder sur des points de détails qui n’ont finalement que peu d’intérêt dans l’histoire générale. Sont ainsi zappés les doutes d’Harry Potter quant à sa destinée, l’histoire de la famille Jedusor et à la raison pour laquelle Tom est devenu tellement maléfique. Harry se ballade bravement dans cette histoire sans que rien ne semble vraiment l’affecter.
En l’occurence, la scène de la grotte est très parlante : Alors que son vieil ami souffre le martyr Harry continue à remplir sa mission sans se poser de question, simplement parce que Dumbledore le lui a demandé. Ca aurait pourtant été une bonne occasion de voir le conflit intérieur du jeune sorcier, la douleur de devoir faire du mal consciemment à quelqu’un que l’on aime pour l’intérêt supérieur.
Idem pour l’attaque finale sur Poudlar, expédiée en deux temps, trois mouvement. En guise d’attaque d’une violence assez impressionnante dans le livre, nous avons droit à deux coups de baguette magique. Harry voit tomber une figure emblématique de la série sans sourciller et les manges-morts repartent comme ils sont venus… On ne voit pas bien la finalité de la chose…
Alors que le livre nous laisser sur notre faim parce que nous sentions que rien ne serait plus pareil dans cet univers, on se fout quasiment de la mort de Dumbledore. Son enterrement ne provoque aucune émotion. Un comble…
Finalement, le seul qui tire son épingle du jeu, c’est Tom Felton, alia Drago Malefoy. Ici, on sent la souffrance du gamin qui se demande si ce qu’il fait est juste et qui prend conscience de la gravité de ses actes. On en aurait aimé autant de la part de nos personnages préférés. Mais non… Quand Harry part pour la mission la plus dangereuse de sa vie, Hermione se contente de lui dire qu’elle et Ron viennent avec lui, avec autant d’appréhension que s’ils partaient pique-niquer… Je me demande sincèrement comme JK Rowlings a pu laisser commettre ce film.
Voilà donc un beau gâchis. Vive HP en livre mais pas glop pour les films. Espérons que David Yates et ses scénaristes reverront leur copie pour le dernier épisode (tourné en deux parties pour rappel).
Je croise les doigts sans trop y croire.