(Critique) Esther de Jaume Collet-Serra
Posted on : 13-06-2010 | By : Olivier | In : Au cinéma
Mots-clefs :Cinéma et télévision, Isabelle Furhman, Peter Sarsgaard, thriller, Vera Farmiga
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Vous rappelez-vous la fin des années 80 et les année 90 ? Hollywood s’était fait une spécialité des thrillers, ces films qui mettaient en scène des psychopathes qui mettaient les nerfs de pauvres innocents à l’épreuve pour mieux les manipuler avant le grand combat final qui était chaque fois épique. Dans le genre, on compte quelques films très efficaces comme Liaison Fatale, Le Bon Fils, Seven ou encore Copycat. Puis vinrent les années 2000 et le genre fut lâchement abandonné. Puis, en 2007, il y eut Joshua qui mettait en scène un sale gosse machiavélique et manipulateur. C’est maintenant au tour d’Esther de maltraiter une famille… Alors, ce film se hisse-t-il à la hauteur de ses illustres prédécesseurs ?
Kate Coleman est enceinte de son troisième enfant quand elle fait une fausse couche peu de temps avant le terme de la grossesse. Traumatisée par cette perte et rendue stérile des suites de complications, elle décide avec son mari, John, d’adopter un enfant. C’est ainsi qu’ils font la connaissance d’Esther, une enfant de 9 ans qui a perdu sa famille dans un tragique incendie. Peut être est-ce cette tragédie qui a fait que la gamine fait preuve d’une maturité hors normes… ou peut être est-ce autre chose qui expliquerait tous les accidents qui semblent arriver autour de la famille Coleman depuis son arrivée. Quoi qu’il en soit, celle-ci risque bien de ne pas sortir indemne de cette rencontre…
Le film est construit comme tout thriller digne de ce nom. vous avez d’abord la phase « traumatisme » qui inscrit l’histoire avec un précédent traumatisant qui pèsera lourd dans l’action qui suivra. Puis vient la phase « découverte » où la famille fait la connaissance de son bourreau. Chacun s’observe, se découvre. C’est la phase où le bourreau se fait attachant pour mieux manipuler son entourage par après. Puis vient la phase « violence » où tout le maléfice du bourreau se fait jour plus ou moins ouvertement. Les morts et les accidents s’enchaînement à un rythme éffréné. Puis arrive la phase « explications » où l’on découvre qui est réellement le méchant pas beau et pourquoi il est devenu un psychopathe. Enfin, la phase « dénouement » pointe le bout de son nez avec sa violence fulgurante où rien ne sera épargné à chacune des parties et où les coups portés peuvent confiner au sadisme échevelé !
Esther, le film, respecte donc à la lettre cette trame. On se sent en terrain connu… si ce n’est qu’on n’a pas vraiment l’habitude de voir un môme de 13 tenir le mauvais rôle (oui Isabelle Furhman a, en réalité, 13 ans et non 9). Et c’est bien de qui fait que le film est très dérangeant ! On a besoin de rentrer dans le film pour coller quelque coup de pioche à cette cochonnerie de môme et la manipulation dont elle fait preuve vous laissera à coup sûr estomaqués. Une mention spéciale à sa relation avec Max, la gamine sourde-muette de la famille, qui nous fait vraiment prendre en pitié cette pauvre gosse qui ne sait pas s’exprimer et qui se retrouve déchirée entre le fait de raconter ce qu’elle voit pour arrêter la furie qui lui sert de soeur adoptive et le fait de se taire pour protéger sa famille.
Justement, je pense qu’il faut souligner le jeu d’Isabelle Furhman qui est tout simplement impressionnante de froideur. En particulier, la scène finale dans la maison ne risque pas de vous laisser de marbre. On peut ajouter que l’explication donné au comportement d’Esther est, pour une fois, intelligente. Je n’a pas dit crédible, je ne suis pas spécialiste en matière de psychoses pour le savoir, mais elle n’a jamais été utilisée dans un film jusqu’à présent et je trouve que c’est suffisamment rare pour être souligné et apprécié. Les autres acteurs sont efficaces et Collet-Serra se permet même de nous offrir quelques moments de complicités entre Kate et John qui viennent un peu détendre l’atmosphère… C’est bienvenu, bien amené et les réparties sonnent bien. Cà fait plaisir de voir des dialogues intelligents dans ce qui pourrait vite devenir une pantalonnade si le genre n’était pas maîtrisé.
Si je devais parler des faibleses du film, je dirais qu’elles font partie des balisages inhérents au genre : on sait pertinemment dans quel ordre les choses vont se dérouler. Si certains rebondissements sont surprenant, beaucoup d’autres passages sont prévisibles. Et puis il y a la fin qui, sans spoiler, aurait pu être raccourcie, à mon goût. Mais c’est aussi une faiblesse inhérente au genre. Enfin, citons les classiques jeux de mises en scène qui sont là uniquement pour voir faire sursauter et créer une tension… On s’en passerait bien parfois mais, là aussi, cà fait presque partie des règles du jeu…
Esther est donc un excellent thriller qui vous laissera peu de temps de répit. Si vous aimez le genre, courrez le louer, vous ne serez pas déçus.
- Note : 4/5
- Titre : Esther
- Réalisation : Jaume Collet-Serra
- Casting : Vera Farmiga, Peter Sarsgaard, Isabelle Furhman…
- Genre : Thriller
- Durée : 116 min
- Production : Warner Bros.





Je l’ai vu et j’ai vraiment adoré ! L’intrigue du film est vraiment géniale ! Jusqu’au bout on ne se doute de peu de ce qui va se passer !
Oui, c’est surtout l’explication qui est donné aux actions d’Esther que j’ai trouvée excellente et originale. Le reste tient du classique du thriller : qui va mourir ? qui va vivre ? La vilaine pas belle va-t-elle mourir ou s’en tirer ? Vraiment un bon suspense !
Moi aussi je l’ai vu et je l’ai trouvé médiocre! Même si les acteurs jouent très bien, et que l’histoire en elle même aurait pu être intéressante, il y a trop d’incohérences et d’éléments improbables qui finalement changent l’angoisse en grotesque. Moi j’aurais mis 2/5
En fait, rien ne m’a semblé vraiment improbable dans l’intrigue : c’est juste du grand classique dans le domaine des thrillers : le mari qui ne croit pas sa femme, la gamine qui manipule les gosses avant d’attenter à leur vie… C’est la composante même du thème qui entraîne les incohérences. Du coup, çà ne m’a pas dérangé, au contraire de 2012 qui noie son thème dans le n’importe quoi !