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Le livre numérique : futur flop ou renaissance de la presse ?

Posted on : 13-02-2010 | By : Olivier | In : Non classé

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Pas un jour ne se passe sans qu’on lise que telle ou telle major ayant des actions dans l’industrie musicale ou cinématographique se plaint du manque à gagner provoqué par le piratage. Nous avons largement évoqué dans les articles de Welovegeeks.be les raisons qui poussent de nombreuses personnes à pirater ses oeuvres. Le nouveau graal est arrivé : il s’agit des ebooks, ses livres électroniques que l’industrie de l’édition voit comme le messie pour sauver leur gagne-pain mis à mal par Internet et sa profusion d’information. S’il est un peu tôt pour annoncer si ce nouveau service rencontrera le succès espéré, on peut trouver quelques pistes qui ne laissent pas présager que du bon…

Le problème technique

Vous vous rappelez les années 90 ? Quand vous déambuliez dans la rue avec un casque audio sur les oreilles, il était relié soit à un walkman, soit à un discman. Vous vous rappelez comme il était pénible de changer une cassette ou un disque quand vous en aviez terminé un ? Cà prenait trois plombes pour ouvrir le tiroir, enlever le CD, le ranger dans son étui, en prendre un autre, le sortir de l’étui et le mettre dans le lecteur pour enfin lancer la musique… Outre ces actions qui rendraient cinglé n’importe quel mélomane actuellement, se posait le problème de l’encombrement : les lecteurs de CD avaient au mieux la taille d’un disque et ce n’est pas vraiment top de le porter avec un clip à la ceinture ou dans la poche (on avait des grandes poches dans les années 90) ni même autour du cou. En plus de çà, il fallait trimballer les CD et çà prenait encore plus de place.

Puis vint le fichier audio et sa généralisation grâce, notamment au succès de l’iPod et de l’iTunes Store d’Apple. Aujourd’hui, on peut amener de quoi écouter de la musique pendant plusieurs semaines sans interruption dans un objet pas plus grand qu’un paquet de clopes. Vraiment, la musique numérique a gommé quasiment tous les défauts qu’on lui opposait à son apparition : elle a gagné en qualité sonore et en variété…

Qu’en est-il du livre ? Les lecteurs de livres numériques, comme le Kindle d’Amazon ou le futur iPad d’Apple ont déjà un problème : ils prennent au moins autant de place que leur homologue papier. Plus même, si vous êtes habitués aux livres de poche. Les ebooks ne répondent donc pas au problème de la place occupée. Le problème le plus évident qu’ils résolvent est leur capacité à emporter plusieurs bouquins dans un espace réduit. Mais objectivement, combien de fois êtes-vous partis de chez vous en emportant plusieurs livres pour les  lire ? Il est évident qu’on ne consomme pas de la musique comme on lit un livre : la lecture du dernier s’étale généralement sur plusieurs jours.

A mon sens, le seul cas de figure où les livres électroniques montrent un réel avantage est la lecture de journaux. Là, effectivement, l’avantage est certain : les éditions papiers n’ont jamais été un modèle de pratique avec leur grand format et leurs feuilles souples qui se plient toujours au mauvais moment pour retomber sur la tête du gars qui est en face de vous dans le métro. :) C’est le seul aspect pratique que je vois à ces objets…

Le problème économique

Si vous vous tenez informés de l’actualité des nouvelles technologies, il y a peu de chance que la nouvelle vous ai échappé. Suite à la sortie du iPad, Amazon a du aligner les prix des livres numériques sur ceux proposés par Apple. Et comme de bien entendu, cela ne s’est pas fait dans le bon sens. Pour quelles raisons ?

Amazon était quasiment le seul acteur sur le marché du livre numérique, ce qui lui permettait de dicter sa loi aux éditeurs. Et le géant américain avait décidé de laisser les versions numériques des ouvrages qu’il vend au dessous de la barre psychologique des 10 $. Pourtant, les éditeurs ont bien essayé de les mener à la baguette mais rien n’y a fait… jusqu’à l’arrivée de la boîte de Steve Jobs sur le marché. Pour signer un contrat avec un maximum d’éditeurs, la tactique à employer était évidente : il fallait leur proposer ce qu’ils voulaient, à savoir des ouvrages vendus plus chers. C’est ainsi qu’Apple vendra ses bouquins entre 12.99 $ et 14.99 $. Cette proposition, si elle fait le bonheur d’Apple, met Amazon dans une situation délicate.

Et les éditeurs l’ont bien compris : ils ont menacé la firme de donner l’exclusivité à Apple si Amazon ne s’alignait pas sur les prix proposés par Steve Jobs. Ne soyons pas crédules : Amazon est une boîte commerciale qui doit vivre. Et pour cela, elle a besoin du soutien des éditeurs. Donc acte, le prix des livres numériques a été augmenté pour arriver à celui qui sera proposé par l’iTunes Store à la sortie de l’iPad.

Du même coup, cela porte un coup violent à l’espérance de vie de ce service. 12.99 $, c’est le prix d’un livre en version papier. Et ce prix n’est évidemment pas justifiable dans la mesure où tout ce qui coûte de l’argent aux maisons d’édition devient inexistant :

Les frais d’impression disparaissent ;

  • Les frais de numérisation sont nuls dans la mesure où les éditeurs possèdent déjà des copies numériques de tous leurs ouvrages ;
  • Les frais de stockages sont inexistant puisque il suffirait d’un disque dur comme ceux qu’on trouve dans la première grande surface pour stocker le contenu de la totalité des bouquins d’un éditeur ;
  • On peut oublier les invendus puisque, que l’éditeur vendu 1 exemplaire ou 1 000 000, la copie numérique est dispensée à la volée en fonction de la demande ;
  • On oublie aussi les intermédiaire puisque, en dehors du fournisseur de service, en l’occurrence Apple ou Amazon, il n’y a plus d’intermédiaire.
  • Les frais de pub passent aussi à la trappe vu qu’ils ont déjà été investis sur l’édition papier.

Comment, dès lors, en ces temps de crise financière justifier au public l’achat d’un ebook, vendu entre 250 et 399 $, auquel ils devraient ajouter le prix d’un bouquin qui devrait être bien moins cher ? La réponse se trouve dans le précédent posé par la vente de le musique numérique… et on peut dire qu’elle risque de poser problème.

Le facteur geek

Si on parle à nouveau de musique numérique, rappelons que, fut une époque, l’adoption de celle-ci n’était pas du tout évidente. Elle apparaissait comme un gadget auprès du grand public. Les seuls a avoir vu le potentiel de la chose, avant même l’apparition des magasins de musique en ligne, sont ceux qu’on appelle communément les geeks. Quand les ordinateurs ont proposé de transférer le contenu des CD audios sur les disques durs, les avantages ont semblé évidents à ses passionnés de nouvelles technologies.

Moi-même, je me rappelle que, quand je numérisais mes CD pour les laisser sur mon disque dur, on me demandait souvent quel intérêt je pouvais bien y trouver. Ce n’est que quand les gens s’apercevaient que j’étais capable de leur faire écouter n’importe quel morceau en l’espace quelques secondes qu’ils ont capté. Et il faut croire que mon cas n’est pas isolé. Ce fait, que j’appelle le facteur geek, n’est pas à prendre à la légère, à mon sens. Il est prouvé que ceux qui font la réputation d’une nouvelle technologie, de nos jours, ceux sont eux, les geeks et plus encore aujourd’hui avec le nombre de blogs influents que contient le web.

Le bouche à oreille se répand rapidement en bien comme en mal et les consommateurs ne sont pas des abrutis. Ces deux états de fait risque de peser lourd dans la balance. La nouvelle de l’augmentation des prix des bouquins numériques a fait beaucoup de bruit dans la blogosphère et les gens, geeks ou pas, en ont marre qu’on les prenne pour des quiches et de se faire racketter par des sociétés qui ont pignon sur rue. Les difficultés de lancement du Blu-Ray auraient du mettre la puce à l’oreille des éditeurs.

Mais l’Histoire est un éternel recommencement et l’industrie du divertissement semble ne pas apprendre de ses erreurs. C’est pourquoi, même si je ne m’appelle pas Pacco Rabane, je prédis que le livre numérique aura au moins de mal, si ce n’est plus, que son homologue le remplaçant du DVD. Ses avantages (gain de place pour les journaux, prise de note, récupération de la dernière page lue) ne me semblent pas suffisant pour surmonter les obstacles majeurs que sont l’engouement du public et l’aspect économique. L’avenir nous dira si j’ai été pessimiste ou pas !

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Comments (1)

Personnellement je n’adhère pas du tout ! On a plus la sensation de tenir un livre, de tourner les pages… tout simplement de sentir et ressentir un livre ! C’est bien que ca avance dans ce sens aussi car ca a son utilité pour quelques uns … Pour ma part je ne lacherai pas un vrai livre pour un livre sur ebook !

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