Il fut un temps où, si on m’avait envoyé un message en me disant « Il faut que tu grindes jusqu’au level 60 en farmant les mobs non élites de la Péninsule des Flammes Infernales« , j’aurais répondu « A tes souhaits ! » à mon interlocuteur. Aujourd’hui, je saurais qu’il me conseille de passer le niveau 60 en cherchant des monstres que l’on peut tuer facilement dans la région d’arrivée en Outreterre. Effectivement, quand je lisais les articles sur Joystick à l’époque et qu’ils traitaient de MMORPG (pour Massive Multiplayer Online Role Playing Game, ce qui traduit veut dire Jeu de Rôle en Ligne Massivement Multijoueur), je ne captais rien ! Et à tout vous avouer, je détestais l’idée même de me lancer dans un univers où j’aurais du apprendre des termes bizarres pour m’en sortir. Puis Blizzard Entertainment a sorti World of Warcraft et j’ai plongé.

Tout d’abord, pourquoi ais-je essayé World of Warcraft ? Simplement parce que je connaissais les autres jeux de Blizzard, tels que Diablo ou Warcraft ou encore Starcraft. Je savais donc que les jeux de cet éditeurs se mettent à la portée du débutant tout en offrant un côté hardcore aux gens qui n’en veulent. L’idéal pour se lancer dans un univers que je connaissais grâce à la campagne de Warcraft III. Le monde Heroic Fantasy de cette franchise, l’histoire d’Arthas qui se laisse corrompre par la lame maudite Deuillegivre et devient un puissant démon avait titillé mon imagination.

J’ai donc acheté le premier jeu et essayé toutes les classes et toutes les races avant d’arrêter mon choix, peu après la sortie de la première extension, The Burning Crusade, sur une elfe de sang chasseresse. J’ai joué en solo jusqu’au niveau 48 avant d’intégrer une petit guilde. Et les ennuis ont commencé ! En fait, on s’aperçoit assez rapidement quand on teste le côté multijoueur de World of Warcraft que les guildes sont en fait des microcosmes fonctionnant de la même manière que dans le monde réel. Il y a des dirigeants qui donnent l’orientation à la guilde. Certains suivent le mouvement et d’autres pas.

On s’aperçoit aussi que, comme dans la vraie vie, certaines personnes profitent de l’anonymat que leur confère le jeu derrière un clavier pour insulter, dévaloriser, voler et abuser du pouvoir qui est le leur. Bien entendu les conséquences sont moindres que dans la vie réelle. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a rien de plus frustrant que de passer même une demie-heure à essayer de tuer un monstre avec un groupe de cinq personnes pour se faire piquer l’objet convoité par un personnage qui n’en aura jamais l’utilité et qui compte le revendre à prix d’or…

Il fut un temps où World of Warcraft proposait un contenu haut niveau extrêmement ardu ! Seule l’élite des joueurs pouvaient expérer nettoyer des endroits comme la Nécropole de Naxxramas ou le Repaire de l’Aile Noire. Pour arriver à ce contenu, il fallait avoir passé des centaines d’heures à optimiser un personnage, à enchanter toutes les pièces d’armure, à plancher sur les arbres de talent pour permettre à votre personnage de bien remplir son rôle. Ensuite, vous pouviez seulement commencer à chercher les composants qui vous permettraient de faire soit de la nourriture, soit des potions qui vous auraient donné quelques avantages nécessaires contre les boss du jeu (résistance au feu, au givre, puissance d’attaque accrue, etc.).

Puis vint The Burning Crusade qui, même s’il proposait des challenges de taille, réduisait la difficulté du jeu. La tendance a été encore plus prononcée avec Wrath of the Lich King. Comprenons nous bien : le jeu reste passionnant et propose malgré tout des raids assez violents au niveau de la technique à utiliser. Mais rien de vraiment comparable aux donjons de la première version du jeu : le but est maintenant de survivre assez longtemps pour tuer le monstre alors qu’avant, sans une stratégie effectuée au millimètre, il n’y avait point de salut.

Avec la baisse de la difficulté est venue la facilité à se procurer un équipement correct. Maintenant il suffit d’un mois de jeu régulier pour obtenir un équipement très élevé. Comptez deux semaines de plus pour le sertir de gemmes et d’enchantement et vous obtenez un personnages très puissant. Du coup, avec cette facilité, World of Warcraft a attiré toute sorte de personnes de tous horizons. Il semble maintenant que l’aspect communautaire du jeu a laissé la place à la superbe maxime que nous connaissons tellement bien dans la vraie vie : « Chacun pour sa gueule !«  Prenons un exemple : Pendant deux ans j’ai fait partie d’une guilde où régnait une ambiance excellentissime. On rigolait comme des bossus tous les soirs, on passait d’excellents moments. On était pas super doués dans le jeu mais on s’en moquait : on se poilait bien et c’est tout ce qu’il nous fallait. Puis, on a constaté rapidement un glissement : les joueurs voyaient d’autres joueurs se fournir en équipement très facilement grâce à des guildes qui privilégiaient le jeu hardcore. Ici, pas de papotage en donjon : on se concentre, on ferme sa gueule, on fait tout très vite en un minimum de temps pour pouvoir enchaîner sur autre chose. Et si vous trainez de trop, vous vous faites sortir du groupe.

Récemment, le forum de notre guilde n’est devenu qu’un triste ramassis d’insultes… A croire que les gens ne savent pas communiquer sans s’insulter. C’est triste ! Bien évidemment, le problème n’est pas important : ce n’est qu’un jeu ! Mais à ce titre, il est sensé nous donner du plaisir et entendre ou voir des gens s’insulter n’est pas exactement l’idée que je me fais d’un jeu. Ou alors si : au football ! :p

Heureusement, on trouve encore des personnes qui ont cette vision communautaire du jeu. C’est pourquoi tant que le jeu me procurera un peu de plaisir partagé avec ces gens, je continuerai à jouer. Pas comme un no life mais tranquillement et à mon aise. Car là aussi, trop de jeu tue le jeu !

Je vous laisse avec quatre vidéos : la première présente une cinématique de Warcraft III tout simplement splendide dans laquelle Arthas Menethil, déjà corrompu par Deuillegivre, revient à Lordaeron pour montrer son visage le plus sombre. Les trois séquences suivantes sont en fait les trois séquences d’ouverture du jeu à savoir : World of Warcraft, suivi de The Burning Crusade et conclus par Wrath of the Lich King.

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