Je me permets de publier ici la communication laissée ce jour aux services de Mr. Nicolas Sarkozy, Président de la République Française, via le site http://www.elysee.fr.
Il me semble que le sujet abordé est aujourd’hui d’une importance capitale. Ceci étant, il me semblait être de mon devoir de citoyen de communiquer sur un sujet qui me tient à coeur avec la personne la plus haut placée dans les participants à ce débat. L’avenir nous dira s’il y aura une réponse. Dans ce cas, je vous en tiendrais informés !
Monsieur le Président,
J’ai suivi avec attention vos vœux au monde de la Culture et de la Musique. La partie concernant le combat contre le piratage a retenu toute mon attention.
Tout d’abord, je suis moi-même un gros consommateur de musique. J’ai suivi de près l’évolution de cette industrie en achetant mes enregistrements d’abord sur cassette audio, puis sur CD et enfin sous forme numérique.
Sans faire de faux débats, je pense sincèrement que la loi Hadopi ne résoudra jamais le problème du piratage des œuvres d’artistes. Pour rappel, la copie d’œuvres musicales existe depuis l’apparition de la cassette audio, ce qui n’a jamais empêché l’industrie de la musique de se développer. Je crois savoir, d’après certaines études, que le marché de la musique en ligne est en constante progression, notamment sur les neuf premiers mois de l’année 2009, avec 47% d’augmentation sur un an et 131% en trois ans. Vous conviendrez avec moi que tous les secteurs d’activités ne peuvent pas se targuer de tels résultats… Il en est de même en ce qui concerne la fréquentation des salles de cinéma qui a atteint, selon vos propres dires, un record en 2009.
Je pense qu’il est important de ne pas sous-estimer le consommateur : la preuve est faite que ce dernier est prêt à consommer largement quand la production est de qualité. Le vrai problème de la juste rémunération des artistes ne serait-elle pas à chercher ailleurs ? Certains chiffres proposés par la SNEP me laissent songeur… Comment peut-on accuser les « pirates » de spolier les artistes alors que les majors de l’industrie se mettent entre 51 et 55% des revenus de la vente dans la poche ?
Ne trouveriez-vous pas normal que la majorité de ces revenus reviennent plutôt à l’artiste qui a écrit, composé et enregistré la musique qui est vendue ? Pour ma part, je suis choqué par de tels chiffres. Etant, comme dit plus haut, amateur de musique, je serais le premier à me diriger vers des sites qui proposeraient de rémunérer les artistes et non leurs intermédiaires à hauteur d’un pourcentage raisonnable. Et je pense que la plupart des consommateurs seront dans ce cas…
En ce qui concerne le téléchargement illégal de films, je me permettrais de vos raconter une anecdote qui m’est arrivée le mois dernier. Ma compagne fait la collection des films d’Harry Potter. Je lui ai donc acheté le DVD du dernier épisode. Quand nous l’avons regardé sur notre grand écran, je n’ai pu m’empêcher de déplorer la qualité lamentable de l’image. Pire : la version disponible au téléchargement sur le site de Warner Bros est de la même qualité… Il me semble que, à l’heure actuelle, il y a suffisamment de procédés disponibles pour assurer à l’acheteur honnête une image potable qui rendra honneur aux près de 20 euros donnés pour un film récent.
Dès lors, je comprends (même si je trouve déplorable) que les consommateurs se tournent vers le téléchargement illégal de film, même temporairement, pour voir si le film est de bonne qualité avant de dépenser une somme conséquente dans l’achat de celui-ci.
Je le répète : quelles que soient les mesures que l’industrie ou les gouvernements prendront, il me semble utopique de croire que le piratage sera un jour endigué. Mais au-delà de cela, la vraie question est de savoir comment remotiver les gens à l’achat d’œuvres culturelles…
La multiplication des offres à des tarifs non prohibitifs proposant des œuvres de qualité tant sur le plan de la qualité que du rendu audio et vidéo sont des pistes à privilégier plutôt que de brider des supports par des protections qui finiront par sauter ou de réprimer des consommateurs alors que beaucoup font preuve d’honnêteté…
Je veux encore croire que la France est un pays prêt à protéger le consommateur contre les abus des industries, quelle qu’elles soient… Ceci étant, j’appelle de tous mes vœux à une réforme en profondeur de l’industrie du divertissement.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes respectueuses salutations.


Facebook
Twitter
Flickr
Last.fm
YouTube
Google Reader
Commentaires